BELLES CARROSSERIES

Delage, Delahaye, Talbot-Lago, Salmson, Voisin, Panhard & Levassor… de grandes marques automobiles associées pour certaines à de célèbres carrossiers comme Chapron, Figoni et Falashi, Guillore, Pourtout, Million-Guiet et bien d’autres, rivalisent de hardiesse et de créativité pour exceller dans les concours d’élégance des années 40.

Voitures superbes de grand luxe, solides, imposantes, royales, puissantes, avec des lignes magnifiques, resteront pour l’éternité l’apanage de sorciers magiques aux mains en or.

C’est cette ambiance que vous allez revivre en passant devant le stand consacré aux belles carrosseries d’antan.

 

Zoom sur la Delahaye 135 MS 1948 coupé Chapron présentée au salon.

Feu l’époque où les grands carrossiers comme Chapron, Letourneur, Antem, Dubost, Vaget-Varnet, Guilloré, et d’autres, habillaient des châssis des grandes marques, et vendaient à leurs clients des carrosseries quasi sur mesure. Les lignes évoluaient lentement chaque année, mais vu la cherté de ces voitures faite main, il s’en vendait très peu, il est par conséquent difficile de trouver plus de dix exemplaires parfaitement identiques en particulier pour les coupés.
C’est le cas de ce coupé Delahaye 135 MS Carrossée par Chapron en 1948. On retrouve actuellement de nombreux coaches avec les mêmes châssis 135M ou MS, mais peu de coupés. Par contre, de nombreux cabriolets ont été produits en reprenant les lignes des coupés. Le terme MS signifie que c’est un modèle Spécial dont le moteur de 20 CV de 3.6 litres développant 135 chevaux équipait les séries de course. Trois carburateurs Solex 40 PAI animent le moteur associé à une boite de vitesse électromagnétique Cotal, considérée comme l’ancêtre des boites séquentielles.
Elle fût livrée neuve dans le département de l’allier, puis fût achetée d’occasion chez Delahaye à Paris, par un grossiste nantais en métaux en 1951. C’est en 1953 qu’un de ses amis exerçant la même profession, l’achète pour satisfaire le rêve de posséder cette magnifique auto qu’il admirait à chaque fois qu’il la voyait.
Il roula avec plusieurs années et elle lui procura de grands plaisirs, dans les années 50 c’était une voiture très admirée, il nous laissa quelques anecdotes dont en voici une :
Alors qu’il était dans un café à Tourne-Bride (44) avec un de ses amis, deux motards de la police entrèrent et demandèrent, à qui appartenait le bolide garé devant. L’ami, n’hésita pas à désigner aux policiers le propriétaire qui souhaitait rester discret, fier d’avoir un copain possédant une telle voiture. Les deux compères s’approchèrent, engagèrent la conversation, cherchant surtout à connaître les performances du véhicule. Le propriétaire resta modeste, mais le sacré copain attisant le feu devant les policiers fans de vitesse et de compétition, proposèrent de faire une course. Dans un premier temps contre ce projet, il accepta dans un second temps grisé par l’envie de leur donner une leçon. Les règles furent établies : le départ s’effectua devant le café, et l’arrivée sur la bascule de la gare de Vertou, environ 5 km séparaient ces deux points.
A cette époque, la circulation n’était pas ce que nous connaissons aujourd’hui, mais des risques existaient cependant, les deux policiers s’étaient engagés à assumer toute la responsabilité en cas de problèmes.
Les deux motards déjà couchés sur leur BMW, prêts à tourner la poignée, étaient avec la Delahaye, sur la ligne de départ située devant le café de Tourne-Bride.
Les mécaniques s’échauffaient, au rythme des coups d’accélérateur, quand soudain la serviette blanche tenu par le copain, décrivit rapidement un arc de cercle allant de haut en bas, les bolides détalèrent, mécaniques rugissantes. Dès le départ, la DELAHAYE fût en tête, puis distança les motards de cinquante mètres à chaque reprise, pourtant couchés sur leur moto et prenant les virages à la corde. Plus rien ne pouvait arrêter ce convoi, qui fonçait à une vitesse frôlant les 130 km/h.
Les badauds, surpris par le vrombissement de cette poursuite, se retournèrent à son passage suivant d’un œil curieux et passionné jusqu’à ne plus voir le convoi, cependant inquiets du sort du pilote de la voiture noire. Ayant complètement perdu de vue les deux policiers, le propriétaire de la Delahaye eu le temps de se garer, de descendre, puis de voir les deux compères arriver, effarés, tant par les performances de cette voiture, que par l’adresse du pilote. Inutile de vous dire que cette affaire s’est terminée au bistrot le plus près.
En 1958, suite à une défaillance du palier arrière du moteur, la voiture fût immobilisée dans un garage pendant trente ans, par faute de temps pour faire les réparations, elle s’est alors dégradée gravement.
C’est avec son fils, en 1985 qu’il décide de la restaurer. Elle fût démontée complètement et restaurée dans les moindres détails. Ils firent la presque totalité des travaux, mécanique, sellerie en cuir rouge, peinture polie lustrée, mais ils durent faire cependant appel à des compétences extérieures, pour restaurer les roues à rayons ainsi que le moteur pour la reprise des paliers et des cylindres. Malheureusement ils ont rencontré de nombreux déboires avec des artisans incompétents et malhonnêtes. Ils ont même fait un procès qui a duré quatre ans au restaurateur de roues qui considérait qu’il n’avait pas été prévenu que la voiture devait rouler à nouveau.
Il aura fallu dix ans pour donner à cette magnifique auto la splendeur qu’elle méritait, le propriétaire fut très fier de retrouver sa voiture de jeunesse. Aujourd’hui c’est son fils qui l’entretient avec passion et amour.


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